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Tunisie : lyes Fakhfakh, le choix du président

Le chef du gouvernement désigné par Ennahdha Habib Jomli a échoué à faire passer son gouvernement le 10 janvier dernier à l’ARP. C’est donc le président de la république Kaïs Saïed qui a eu pour mission de désigner le candidat qu’il juge apte à former le gouvernement. Le chef de l’Etat a nommé ce soir, Elyes Fakhfakh en tant que chef du gouvernement. M. Fakhfakh devra former son équipe et la soumettre au vote de l’assemblée…

Le 10 janvier dernier, le chef du gouvernement désigné par Ennahdha Habib Jomli a échoué à faire passer son gouvernement à l’ARP. C’est donc le président de la république Kaïs Saïed qui a eu pour mission de désigner le candidat qu’il juge apte à former le gouvernement. Désigné ce soir par le chef de l’Etat, Elyes Fakhfakh devra former son équipe et la soumettre au vote de l’assemblée…

Agé de 47 ans Elyes Fakhfakh est originaire de Sfax. Il a fait son entrée dans la politique en 2011 dans le parti Ettakattol et il a une formation en ingénierie mécanique et en management. Elyes Fakhfakh détient un diplôme en ingénierie mécanique obtenu à l’école Nationale des ingénieurs de Sfax, un master en ingénierie mécanique obtenu à l’école nationale des ingénieurs à Lyon, ainsi qu’un master en management obtenu à l’université de L’Essone en France.

Elyes Fakhfakh est apparu la première fois sur la scène politique en dirigeant la compagne électorale d’Ettakattol, il était alors le PDG de la société « CAVEO Automotive ». En 2011, Ettakatol arrive 4ème aux élections de la Constituante avec 20 sièges. Après l’élection de l’ANC (Assemblée nationale constituante), Elyes Fakhfakh a été nommé dans le gouvernement de la Troïka dirigé par Ennahdha en tant que ministre du Tourisme, puis en décembre 2012 en tant que ministre des Finances.

Elyes Fakhfakh a été élu président du conseil national d’Ettakattol en 2017 il est classé parmi les personnalités progressistes avec une orientation sociale-démocrate.  Selon la liste électorale qu’Elyes Fakhfakh a présentée sur son site officiel, on ne peut le placer sous le signe du libéralisme car son projet ne se fonde pas sur la libéralisation du marché autant que sa vision porte sur l’adoption d’une politique économique qui permet de réformer le secteur public, œuvrer pour la réalisation de la justice sociale, la construction d’une économie nationale axée sur la compétitivité et l’engagement de la force ouvrière dans la relance économique.

Sa vision économique ne s’éloigne pas des orientations d’Ettakattol fondée sur le travail tout comme son nom l’indique : « coalition pour le travail et les libertés ». La valeur du travail est un axe fondamental dans la vision économique de l’ancien ministre des Finances, qui ne rejette pas pour autant le libre marché et le recours à l’endettement, mais cherche plutôt à établir la justice à travers l’intervention économique et sociale de l’État.

La vision sociétale du nouveau chef du gouvernement est basée sur un nouveau contrat social, qui combine l’enjeu social et économique dans ce qu’il a appelé une « société de citoyenneté » basée sur l’égalité des chances, la dignité, la sécurité, les pleins droits et libertés tels que stipulés dans la constitution de 2014, et une économie moderne qui crée de la richesse et impose le travail.

Dans ses déclarations, Elyes Fakhfakh s’est dit pour l’égalité dans l’héritage et le respect des libertés individuelles ainsi que des droits humains universels. Lors de la campagne présidentielle de 2019, à laquelle il s’est présenté, M. Fakhfakh a souligné qu’il ne refuserait de traiter avec aucun parti et qu’il est prêt à collaborer avec Ennahda, Qalb Tounes, Tahya Tounes et le bloc démocratique qui comprend le Attayar et Echaâb.

Après avoir été à la tête de deux ministères sous la Troïka, après la déchéance d’Ettakatol et une absence de la scène politique depuis 2014, il est revenu au-devant de la scène lors de l’élection présidentielle de 2019.

La controverse sur la «légitimité des urnes» est aujourd’hui plus que jamais présente dans la mesure où Elyes Fakhfakh a été classé 16ème parmi les 26 candidats à la présidence avec un taux de 0, 3% des voix pour revenir aujourd’hui en tant que candidat chargé de former le nouveau gouvernement tant attendu de 2020. Un passif que de nombreuses personnalités estiment difficile à digérer.

Source :business news ___ 20/01/2020

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