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Face aux accusations de l’Algérie, le Maroc joue la carte sahraouie au CDH de l’ONU

Une fois de plus, le Maroc recourt à la carte sahraouie pour répondre, depuis une tribune internationale, au Polisario et à l’Algérie. Une carte qui a déjà fait ses preuves aussi bien aux deux rounds de la «Table ronde de Genève» de l’ONU qu’avec l’UE pour contourner l’arrêt de 2016 de la Cour de Justice de l’Union Européenne.

Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a tenu, du 30 juin au 17 juillet, sa 44e session. Une édition marquée, comme ses précédentes, par  des passes d’armes entre le Maroc et le tandem Algérie-Polisario sur la situation des droits de l’Homme au Sahara.

Comme lors des travaux de la 4ème commission des Nations unies, les adversaires du royaume ont invité des ONG internationales à défendre leurs positions. Ils ont notamment fait appel à des associations françaises, en l’occurrence le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) et France Libertés  En revanche, Rabat a une fois de plus fait confiance à la carte de la proximité.

Ainsi, 925 ONG opérant dans les grandes villes du Sahara ont adressé une lettre à la Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet. Elles y rejettent en bloc toutes les accusations portées contre le Maroc par des intervenants acquis aux thèses de l’Algérie et du Polisario.

Une carte qui a fait ses preuves                                                

La missive a particulièrement attiré l’attention de l’ancienne présidente du Chili sur les cas de Sahraouis qui, munis de leurs passeports marocains, viennent chaque année à Genève pour faire la promotion des positions du Front lors des sessions du CDH de l’ONU et qui, une fois leurs missions accomplies, rentrent au Maroc sans être poursuivis par les autorités locales pour leurs activisme pro-Polisario.

Il y a deux semaines, Rabat a fait appel à Sidi Hamdi Ould Errachid et Ynja Khattat, respectivement présidents des régions Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Ed-Dahab, pour dénoncer dans une lettre destinée à Mme Bachelet «la propagande trompeuse véhiculée par l’Algérie et le Polisario visant à priver les habitants des deux régions des bénéfices du développement».

Ces messages confirment, si besoin est, que le royaume continue sur la voie de recourir à la carte sahraouie pour répondre au Front et à l’Algérie. En plein débat au Parlement européen sur le projet d’accord de pêche entre le Maroc et l’Union européenne, 331 élus de la région Dakhla Oued Ed-Dahab et 548 de Laâyoune-Sakia El Hamra avaient appelé, en janvier 2019  dans une pétition , les eurodéputés à la «reconduction» des accords commerciaux entre Rabat et Bruxelles.

Le royaume a commencé à jouer la carte sahraouie depuis l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) de décembre 2016, recommandant à l’UE d’exclure le territoire du Sahara occidental de tout projet d’accord avec Rabat. Une stratégie constatée aussi bien lors des deux rounds de «Table ronde de Genève», de décembre 2018 et mars 2019 initiés par l’ONU, qu’à l’occasion des négociations ayant permis de contourner le verdict de la CJUE et d’intégrer les produits originaires de la province dans les accords agricole et pêche.

source : yabiladi 22/07/2020

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