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Médiation du Maroc pour des pourparlers indirects entre les deux parties libyennes

Ecarté de la conférence de Berlin du 19 janvier, le Maroc tente pourtant un discret retour sur le dossier de la crise libyenne. Annoncée le 23 juin au Caire par son chef de diplomatie, la feuille de route du Maroc avance à pas de loup.

Au terme de ses entretiens ce lundi 27 juillet avec Habib El Malki, le président du Parlement libyen (Est) Aguila Saleh a demandé un «appui» du Maroc pour une solution pacifique à la crise libyenne. Ce plan vise à «constituer une nouvelle autorité exécutive chargée de la gestion des affaires des Libyens pour une période transitoire, en attendant la rédaction d’une nouvelle constitution et la tenue de nouvelles élections présidentielles et législatives», a indiqué Saleh lors d’un point de presse animé conjointement avec son homologue marocain, à Rabat.

Aguila Saleh avec Nasser Bourita / Ph. MAECIAguila Saleh avec Nasser Bourita / Ph. MAECI

Avant même que Aguila Salah n’ait terminé sa conférence de presse qu’atterrissait à l’aéroport de Rabat-Salé un autre avion libyen avec à son bord un invité de marque : le président Haut Conseil d’Etat (Ouest), Khaled Al Mechri. Il a été accueilli par Hakim Benchamach (PAM) et Abdelali Hamieddine (PJD). La présence de l’élu islamiste avait vocation à rassurer ce proche des Frères musulmans. Al Mechri s’est d’ailleurs entretenu avec le président de la Chambre des conseillers et le parlementaire.

Le Maroc a présenté les grandes lignes de sa feuille de route, le 23 juin au Caire

Sur la possibilité d’une réunion entre les deux frères ennemis libyens à Rabat, l’heure est à la prudence. Chaque camp déclare, publiquement, rejeter toute réunion avec son adversaire. Un média émirati, qui cite la chaîne Libye TV, pro-Haftar, avance que c’est Aguila Saleh qui aurait décliné une proposition de rencontrer Al Mechri à Rabat. Le gouvernement d’union nationale, basé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale, prétend que c’est Al Mechri qui aurait ignoré une proposition de Saleh.

Au-delà de ces escarmouches médiatiques, le fait que les deux représentants de l’Est et de l’Ouest soient présents dans la capitale marocaine le même jour ne relève pas d’une simple coïncidence de calendrier. Il atteste qu’une nouvelle dynamique diplomatique est en train de s’esquisser en vue d’une solution à la crise libyenne.

Khalid Al Michri avec Nasser Bourita / Ph. MAECIKhalid Al Mechri avec Nasser Bourita / Ph. MAECI

En effet, parallèlement à la visite d’Aguila Saleh et Khaled Al Mechri au royaume, le chef du gouvernement Fayez Al Serraj s’est rendu en Turquie où il a rencontré le président Recep Tayyip Erdogan, le grand allié de Tripoli dans sa guerre contre les troupes du maréchal Khalifa Haftar, soutenus militairement par l’Egypte, les Emirats arabes unis, l’Arabie saoudite, la France et la Russie.

Le 23 juin, à l’occasion d’une réunion du conseil exécutif de la Ligue arabe, le Maroc a présenté sa feuille de route devant parvenir à une solution pacifique de la crise libyenne. A cet effet, Nasser Bourita a recommandé la «formation d’un groupe arabe restreint chargé de l’élaboration d’une vision stratégique ouverte sur les parties libyennes pour contribuer à la résolution de la crise en Libye.»

Le chef de la diplomatie a appelé ses homologues de la Ligue arabe à «s’ouvrir et écouter les différentes parties libyennes afin de rapprocher leurs points de vue». Quatre semaines après cet appel, le Maroc met donc en œuvre son plan en accueillant les deux frères ennemis. Ce que les autres acteurs régionaux sur ce dossier n’ont pas encore réussi à réaliser jusqu’à présent.

source  : ya biladi 28/07/2020

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