Home / Affaires africaines / L’Espagne renoue avec le Maroc après un an de brouille
In this photo provided by the Royal Palace, Moroccan King Mohammed VI, center, Spain's Prime Minister Pedro Sanchez, second left, Crown Prince Moulay Hassan, second right, Prince Moulay Rachid, the king's brother, right, and Morocco's Prime Minister Aziz Akhannouch, left, pose before an Iftar meal, the evening meal when Muslims end their daily Ramadan fast at sunset, at the King Royal residence in Sale, Morocco, Thursday, April 7, 2022. Sanchez is on a two-day visit to Morocco that promises to mark an easing of diplomatic tensions centered on Morocco's disputed region of Western Sahara. (Moroccan Royal Palace via AP)

L’Espagne renoue avec le Maroc après un an de brouille

Le revirement du gouvernement de Pedro Sanchez sur le Sahara occidental, qui a permis la réconciliation, est vivement critiqué.

En visite au Maroc, jeudi 7 avril, le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a été reçu en grande pompe, d’abord par son homologue, Aziz Akhannouch, puis au palais royal, à Rabat, où le roi Mohammed VI l’a convié à un iftar en son honneur, le repas qui clôt la rupture du jeûne à la nuit tombée, pendant le ramadan. Un geste incontestable d’amitié, aux yeux des Marocains, dont avait bénéficié, huit ans plus tôt, le roi d’Espagne, Felipe VI.

Après plus de dix mois de crise diplomatique, il s’agissait de mettre en scène la réconciliation et le début d’une « nouvelle étape » des relations entre le Maroc et l’Espagne, selon la déclaration conjointe adoptée au terme de la rencontre. Ce revirement, que les deux pays avaient auparavant appelé de leurs vœux par communiqué interposé, s’est traduit par de premières mesures concrètes, au premier rang desquelles l’ouverture « immédiate et progressive » des frontières maritimes, fermées en mars 2020, officiellement pour cause de pandémie de Covid-19. Cette interruption avait été prolongée par le Maroc en plein cœur de la crise diplomatique entre les deux pays au printemps 2021. L’annonce devrait satisfaire les attentes des quelque trois millions de Marocains résidant à l’étranger qui regagnent leur pays pendant la saison estivale, traditionnellement en empruntant les liaisons maritimes avec l’Espagne, mais aussi les opérateurs portuaires et touristiques, asphyxiés par cette fermeture.

D’autres mesures sont attendues dans le cadre de la « feuille de route » établie à Rabat : reprise des discussions sur la délimitation des eaux territoriales, coopération renforcée en matière de migration, facilitation des échanges économiques – alors que l’Espagne est le premier partenaire commercial du Maroc –, ou encore coopération énergétique après la fermeture, par Alger, du gazoduc Maghreb-Europe.

Pour Madrid, le prix de cette normalisation est élevé : la fin de sa neutralité sur l’épineux dossier du territoire disputé du Sahara occidental. Cette ancienne colonie espagnole, contrôlée à plus de 80 % par le Maroc, est considérée comme un territoire « non autonome » par l’ONU. Les indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l’Algérie, réclament un référendum d’autodétermination. Et, depuis quarante-sept ans, son sort empoisonne les relations entre les trois pays..

source :le monde 08/04/2022

  1. /Suivez l’actualité de sa source d’origine

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.