Confronté à de sérieux défis socio-économiques depuis le début de la guerre en Ukraine, le président égyptien a appelé à une privatisation partielle des entreprises détenues par l’armée avant la fin de l’année, dans le cadre des efforts visant à faire face aux retombées économiques de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, rapportait le 27 avril le quotidien britannique Financial Times (FT).

Dans un discours prononcé mardi 26 avril, Abdel Fattah Al-Sissi “a également annoncé des plans pour une plus grande participation du secteur privé dans les entreprises publiques”, indique le FT.

Le gouvernement égyptien avait précédemment fait part de son intention “de vendre des participations minoritaires dans 23 entreprises publiques” et d’inscrire en Bourse les entreprises appartenant à l’armée, mais le projet piétine depuis.

Toutefois, les retombées économiques résultant de la guerre en Ukraine semblent avoir donné un coup d’accélérateur au plan, poursuit le FT, le conflit ayant contraint le pays à dévaluer sa monnaie de 15 % en mars et à demander l’aide du FMI.

 

Dix milliards de dollars chaque année

 

Outre le bond des prix des matières premières, qui a forcé le pays – le plus grand importateur de blé au monde – à allouer un plus gros montant aux importations de céréales et de pétrole, le conflit a réduit le flux de touristes en provenance de Russie et d’Ukraine, deux marchés importants pour le secteur, indique le journal britannique.

Le pays connaît, en parallèle, une sortie de capitaux malgré les taux d’intérêt élevés qu’il offre, en raison des incertitudes internationales et locales.

La privatisation partielle d’entreprises publiques, y compris celles détenues par l’armée
– jusqu’ici intouchables –, devrait permettre, selon Sissi, d’engranger “10 milliards de dollars chaque année pendant quatre ans” et de remédier de ce fait à la forte baisse des revenus ainsi qu’à la fuite de capitaux.

Institution la plus forte du pays, “l’armée égyptienne possède des dizaines d’entreprises dans plusieurs secteurs de l’économie”, une présence perçue comme un obstacle à la concurrence sur le marché et qui freine ainsi l’appétit d’investisseurs privés et étrangers, estime le FT.