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EGYPTE: Le Grand Mufti Shawki Allam : pas d’interdiction islamique de partager les dîners de « rupture du jeûne » avec les chrétiens pendant le Ramadan

Le Caire (Agence Fides) – Dans le Coran et la Sunna, il n’existe pas de préceptes ou d’observations qui pourraient faire considérer comme impropre, voire interdit pour un pieux croyant musulman, le fait de partager avec des amis, des parents ou des connaissances chrétiennes le repas du soir de  » rupture du jeûne  » (AlFitr) pendant le Ramadan.

La clarification émane du Cheikh Shawki Ibrahim Abdel-Karim Allam, actuel Grand Mufti de la République arabe d’Égypte, et trouve un espace dans les médias égyptiens au moment où toutes les communautés islamiques du monde se préparent à célébrer l’Aïd al Fitr, la fête qui clôt le mois sacré consacré au jeûne, à la prière et à l’aumône.

Accepter la nourriture de ses compatriotes chrétiens et partager le dîner avec eux après avoir jeûné de l’aube au crépuscule », a fait remarquer le Grand Mufti lors d’une interview diffusée sur la chaîne satellite Sada Elbalad, dans l’émission animée par le journaliste Hamdi Rizk, « n’est en aucun cas une transgression de la loi islamique, mais plutôt une manifestation du respect et de la bienveillance miséricordieuse envers son prochain recommandés par le Coran.

Cette bienveillance et ce respect, insiste le cheikh Shawki Allam, ne sont pas réservés exclusivement aux membres de la Umma islamique, mais façonnent l’attitude avec laquelle le croyant musulman est appelé à s’adresser à toutes les personnes qu’il rencontre dans la vie, s’il veut agir conformément au Coran.

Au cours des dernières décennies, dans plusieurs pays arabes, des déclarations et des campagnes sectaires ont périodiquement visé la coutume profondément enracinée qui, depuis des temps immémoriaux, voit les chrétiens et les musulmans échanger des salutations et passer des moments conviviaux ensemble à l’occasion de festivités célébrées par leurs communautés religieuses respectives. En janvier 2016 (voir Fides 11/12016), l’imam d’une mosquée de la ville égyptienne de Damiette, s’adressant aux fidèles musulmans, avait émis une fatwa contenant l’interdiction d’adresser des salutations et des messages de félicitations aux chrétiens à l’occasion de la fête de Noël. C’est précisément en raison de cette initiative que l’imam a fait l’objet d’une enquête du waqf, le ministère des dotations religieuses, qui surveille également les activités dans les mosquées.

En décembre 2020 (voir Fides 21/12/2020), une mesure par laquelle un département du ministère des Affaires religieuses de la bande de Gaza, gouvernée par le parti islamiste palestinien Hamas, a ordonné aux musulmans de limiter leur « interaction » avec les célébrations chrétiennes de Noël avait suscité inquiétude et controverse.

Ces derniers jours, en Égypte, le Patriarche copte orthodoxe Tawadros II a envoyé des messages de vœux pour le prochain Aïd al Fitr au président égyptien Abdel Fattah al Sisi et au cheikh Ahmed al Tayyeb, grand imam d’Al Azhar.

(GV) (Agence Fides 30/4/2022).

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