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L’Egypte relance son programme de privatisation des entreprises publiques

Le programme de privatisation des entreprises publiques égyptiennes est de nouveau sur les rails. Le gouvernement a identifié dix entreprises publiques, dont deux détenues par l’armée, devant entrer en Bourse d’ici à la fin de l’année, a annoncé dimanche le Premier ministre Moustafa Madbouli à l’occasion d’une longue conférence de presse.

Deux entités rassemblant pour l’une les sept plus gros ports du pays, pour l’autre plusieurs grands hôtels appartenant à l’Etat, seront également créées et une partie de leur capital ouvert aux investisseurs sur les marchés de capitaux égyptiens. Le chef du gouvernement n’a pas précisé les noms des entreprises et les avoirs étatiques concernés.

Ces entrées en Bourse débuteront dès septembre prochain, avait déjà laissé entendre il y a quelques jours le ministre des entreprises publiques Hisham Tawfik à l’agence Reuters.

Doubler la part des investissements privés

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi avait partagé fin avril son objectif d’augmenter la participation du secteur privé dans l’économie de 10 milliards de dollars par an pendant quatre ans, précisant que ce programme concernait également les entreprises dans le giron des forces armées.

Bien que son poids exact dans l’économie ne soit pas connu, l’armée affirmait en 2019 contrôler plus de 2.300 projets employant cinq millions de civils. Présentes dans des secteurs aussi divers que l’agroalimentaire, les médias ou encore l’industrie pharmaceutique, elles exercent pour leurs détracteurs une concurrence illégale à l’encontre des entreprises privées.

Avec cette stratégie, l’Egypte espère ainsi doubler la participation du secteur privé dans les investissements totaux dans le pays, de 30 % à 65 % au cours des trois prochaines années. Les secteurs ciblés incluent les énergies nouvelles et renouvelables, l’immobilier dans les villes nouvelles, la dessalinisation, les banques, les télécoms ou encore l’éducation.

Les actifs déjà ciblés par les autorités devraient permettre de récolter cette année environ 9,1 milliards de dollars auprès des investisseurs locaux et étrangers, selon les autorités.

 

Impact de la guerre en Ukraine

 

En 2018, le gouvernement avait annoncé son intention d’ouvrir une partie du capital d’une vingtaine d’entreprises publiques. Le programme avait cependant été plusieurs fois repoussé.

Ces annonces interviennent alors que l’économie égyptienne est sévèrement touchée par les conséquences de l’invasion russe en Ukraine, en raison notamment de sa dépendance au blé de la mer Noire ainsi qu’aux touristes de la région. Près de 20 milliards de dollars ont quitté le pays depuis le début de l’année et peu avant, selon le Premier ministre.

Des négociations avec le FMI en vue de l’octroi d’ un nouveau plan d’aide , pouvant inclure un volet financier, lancées en mars, pourraient aboutir d’ici « quelques mois », espèrent les autorités.

 

Source: Les Echos

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