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Sahara : Akhannouch sonde, aux Pays-Bas, la position du président du Parti Populaire espagnol

C’est avec la casquette de président du RNI qu’Aziz Akhannouch a rencontré, aux Pays-Bas, le président du Parti Populaire espagnol, Alberto Núñez Feijóo. Une rencontre dominée par la question du Sahara.

Aziz Akhannouch s’est rendu, ce mardi 31 mai, à Rotterdam pour prendre part au congrès du Parti populaire européen. Le RNI, faut-il le rappeler, bénéficie du statut d’associé du PPE. En marge de ce conclave partisan, Akhannouch a eu des entretiens avec le nouveau président du PP, indiquent des médias ibériques. A cette occasion, le chef du gouvernement a invité Alberto Núñez Feijóo à se rendre au Maroc, rapporte la Radio Cope. Le responsable espagnol a annoncé qu’il essaierait d’effectuer la visite tout au long de cette année.

Des sources au PP ont, par ailleurs, confié à Cope que Feijóo a rassuré son interlocuteur marocain de «son engagement à maintenir une relation de bon voisinage et de loyauté avec le Maroc et sa volonté de mener une politique étrangère fiable», dans laquelle tout accord «se réalise dans la transparence, soit durable et bénéficie du consensus parlementaire», ajoutent la radio espagnole.

De son côté El Mundo, un autre média proche de la droite classique, a traité le même sujet, avec en prime des déclarations d’Alberto Núñez Feijóo. Le président du PP a affirmé qu’en programmant une réunion avec Aziz akhannouch, il souhaite que le Maroc sache sa position sur la question du Sahara occidental.

Feijóo donne l’impression de prendre ses distances de la position de Sanchez

«Le problème du Sahara ne peut pas être résolu avec une lettre clandestine. Il faut mettre la lumière sur le problème selon la transparence et les accords internationaux. C’est exactement le contraire de ce qu’a fait le gouvernement (de Pedro Sanchez, ndlr). La clandestinité ne peut résoudre un problème international mais génère plus de problèmes, plus de tensions, plus d’incertitude et moins de responsabilité envers le peuple sahraoui, envers le Maroc et envers les Nations unies», a-t-il expliqué.

Il est impératif «de revenir au sérieux en politique étrangère» de son pays, comme «de ne pas aviser le Maroc d’une action avec le chef du Front du Polisario, entré illégalement en Espagne avec la bénédiction du gouvernement de la nation», a-t-il déploré.

Le président du Parti Populaire, qui se voit déjà le prochain chef de l’exécutif de l’Espagne, a décliné les maîtres mots de sa politique étrangère à l’égard du royaume. «Ce que je peux assurer au Premier ministre marocain, premièrement, est que je ne vais pas le tromper et je ne vais pas non plus tromper mon pays. Deuxièmement, tout ce que je vais entreprendre, je vais essayer de le faire par consensus afin qu’il soit durable (…) Et troisièmement, de lui dire très clairement que dans le cadre des résolutions de l’ONU, nous pouvons être d’accord sur beaucoup de choses mais en dehors des résolutions de l’ONU, les pactes ne vont pas produire d’effets internationaux», a-t-il expliqué.

Reste à savoir si Alberto Núñez Feijóo restera-t-il fidèle à ses déclarations, une fois arrivé au pouvoir ? Mariano Rajoy, le dernier Galicien à gouverner l’Espagne, de novembre 2011 à juin 2018, avait eu en 2004 alors dans les rangs de l’opposition, une lune de miel avec le Polisario. Cependant, une fois à la Moncloa, les intérêts économiques, politiques et sécuritaires avec le royaume ont pris le dessus, le poussant à abandonner ses anciennes promesses faites au Front.

Avant son investiture en juin 2018 en tant que Premier ministre, Pedro Sanchez avait également défendu le «droit du peuple sahraoui à l’autodétermination». Felipe Gonzalez, avec sa casquette d’opposant, s’était même rendu, le 14 novembre 1976 dans les camps de Tindouf pour prononcer un discours largement en faveur du Polisario. «Notre parti (le PSOE) restera à vos côtés jusqu’à la victoire finale», avait-il promis.

La semaine dernière, le chef du Polisario a affirmé, dans une interview accordée à la chaîne Telecinco, que «dans l’opposition, les partis espagnols adoptent des positions» qu’ils abandonnent une fois arrivés à la Moncloa.

source : yabiladi 31/05/2022

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