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FILE - A man buys food at a restaurant in Cairo, Egypt, March 22, 2022. For decades, millions of Egyptians have depended on the government to keep basic goods affordable. But a series of shocks to the global economy and Russia's invasion of Ukraine have endangered the social contract in the Middle East's most populous country, which is also the world's biggest importer of wheat. It is now grappling with double-digit inflation and a steep devaluation of its currency. (AP Photo/Amr Nabil, File)

En Egypte, la chute de la livre aggrave les pénuries

Six ans après avoir traversé une crise économique qui l’a amenée à dévaluer sa monnaie nationale et à contracter un prêt de 12 milliards de dollars (12,34 milliards d’euros) auprès du Fonds monétaire international (FMI), l’Egypte est secouée par les ondes de choc de la guerre en Ukraine. Le conflit accentue les vulnérabilités de cette économie émergente, déjà minée par une vague d’inflation dans le sillage de la pandémie de Covid-19 et par une fuite des investissements étrangers. Dans ses perspectives économiques publiées mardi 11 octobre, le FMI a réduit ses prévisions de croissance économique pour l’Egypte pour 2023 à 4,4 %, contre les 4,8 % qui étaient prévus en juillet.
Le Caire souffre d’une pénurie de dollars qui exerce une pression sur la livre égyptienne et a fortement ralenti les importations, dont le pays de 104 millions d’habitants est fortement dépendant. Les experts estiment que la livre égyptienne a perdu, depuis le début de l’année 2022, entre 20 % et 25 % de sa valeur face au billet vert. La monnaie locale subit une lente dépréciation depuis fin mars et la décision de la Banque centrale d’Egypte (BCE) de mettre fin au système de taux de change fixe, qui avait entraîné une dévaluation de plus de 16 % de la livre égyptienne, parallèlement à l’augmentation de 1 % de ses taux d’intérêt.
« Le mouvement de dépréciation de la livre égyptienne a été enclenché du fait d’une tension sur les liquidités en Egypte, car plus de 20 milliards de dollars d’investissements de portefeuilles sont sortis du pays », indique un observateur étranger. Alors que les réserves en devises s’amenuisaient, les autorités du Caire ont introduit, en mars, des restrictions à l’accès en dollars pour les importations du secteur privé, qui entraînent des pénuries. Les factures de nourriture et de carburant ont grimpé en flèche, avec une inflation proche de son plus haut niveau en quatre ans. L’inflation sous-jacente annuelle, un indicateur utilisé par la banque centrale qui exclut les éléments volatils, s’est accélérée à 18 % en septembre, contre 16,7 % le mois précédent.
Source: Le monde

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